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Concernant l'association :
Constats
- Les problèmes liés aux accidents des deux-roues motorisés
(Motos, Cyclomoteurs, Side-car) sont mal connus.
Extraits du rapport du préfet Régis Guyot (2002) :
« Tout progrès passe par le développement méthodique de la connaissance de
l’accidentologie
La recherche, publique comme privée, s’est plus intéressée à l’automobile
qu’aux deux-roues motorisés, […]. On est ainsi en présence d’un paradoxe :
ce sont les véhicules les plus vulnérables qui font l’objet du moindre effort
de recherche ».
« À partir du constat du nombre de tués et blessés graves à cyclomoteur
(431 et 3.604) et moto (886 et 4.000), soit 17 % des tués sur la route et
beaucoup de handicaps à vie, du constat aussi que 36 % de ces tués ont de 15
à 24 ans, on peut évaluer la base du gisement à 1.300 vies et 7.600 blessés
graves par an, mais avec des données accidentologiques si globales que toute
évaluation même imprécise du gisement exploitable se révèle aujourd’hui
impossible par manque de connaissances. Cette situation appelle un vigoureux
effort de recherche ».
« Un vigoureux effort de recherche est indispensable Il doit porter sur
l’accidentologie, les véhicules et les équipements de protection, l’infrastructure,
les comportements ».
- Les informations sur le sujet sont dispersées et difficiles d’accès.
Tout d'abord, l'accidentologie touche à de nombreux domaines, souvent très
spécialisés : administratif, assurances, cinématique, éducation, expertise,
juridique, législatif, médical, politique, psychologique, sociologique,
statistique, technologique…
Cela fait que beaucoup d'études ou d'éléments de connaissances sont peu ou pas
publiés et que peu de personnes y ont accès.
La connaissance c'est aussi le pouvoir et dans le domaine de l'accidentologie,
les gouvernements ont volontairement fait preuve d'opacité en ce domaine.
- Beaucoup d’informations ou de conclusions sont erronées, voir manipulées
en fonction d’intérêts particuliers. Une évaluation de leurs pertinences est
souvent nécessaire.
Exemple :
Une association de médecins n’a comme unique objectif que d’effectuer un lobbying
en faveur de tests de dépistage du cannabis d’un laboratoire pharmaceutique.
Les chiffres fournis sur les accidents provoqués par la prise de cannabis sont
énormément grossis et s’appuient sur des « études » elles-mêmes financées
directement ou indirectement par ce même laboratoire.
- La communication institutionnelle sur ce sujet relève, au mieux de
l’empirisme, au pire de l’opportunisme politique, souvent de la désinformation.
Le message gouvernementale simplifie à l’extrême l’accidentologie en la réduisant
pratiquement à deux causes : alcool et vitesse. Il n’hésite pas à utiliser des
« études » douteuses, validées par des agences gouvernementales. Celles-ci seront
largement diffusées aux médias qui martèleront ce message simpliste.
Exemple :
Extraits de l’express du 25/09/2003 :
Titre : « Faut-il interdire les motos ? »
« 7 motards sur 10 ne respectent pas les limitations de vitesse, notamment en
agglomération »
La chute d’une moto est : « d’autant plus grave que la majorité des motards
accidentés roulaient « aux extrêmes limites de leurs capacités et de celles
de leurs machines », précise Pierre Van Elslande [Accidentologue à l’Institut
National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité (INRETS, dépend du
ministère des transports)]. Certaines motos atteignent aujourd’hui 300
kilomètres à l’heure ».
Sans commentaire !
Conséquences
- Sans connaissance il est impossible d’avoir une action ou une
communication efficace.
Exemple :
Les adolescents sont souvent les victimes d’accidents de scooter. Mais aucune
étude sérieuse n’a été faite sur les causes de ces accidents. Si il est responsable,
quel faute a t’il commise ? et surtout pourquoi ? (manque de formation, inexpérience,
prise de risque (motif de cette prise de risque ?)…). L’infrastructure a t’elle
eu une influence ? et le comportement d’un autre usager ? …
Tout aussi grave, nous n’avons pas d’étude sur les adolescents, leurs comportements
et les sources de leurs comportements en lien avec la conduite d’un deux-roues.
Ce qui fait que la plupart des messages qui leurs sont destinés ne sont reçus
que par une minorité de jeunes.
- En cas d’accident, le motard subit une réelle présomption de culpabilité
Le premier problème est la rédaction des procès verbaux. Ce document est
essentiel pour le jugement d’un accident. Or, ils sont bien souvent mal rédigés,
incomplets, erronés voir partiaux.
Pourquoi ? Par manque de formation des policiers et des gendarmes, par manque de
temps, par désintérêt pour une tâche administrative ingrate et non valorisée ou
par idées préconçues (tout le monde sait que les motards roulent toujours trop
vite).
La seconde difficulté pour le motard accidenté est qu’il a peu de chance d’être
jugé par un magistrat connaissant la pratique du deux-roues motorisé. Il est très
probable que la seule chose que le juge connaisse c’est «tout le monde sait que
les motards roulent toujours trop vite ».
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